Phu Quoc

Pour Noël, impossible de trouver une cheminée. Alors à la place, nous sommes partis à Phu Quoc. (NB, si vous avez un jeune enfant avec vous, évitez de lire avec lui si vous voulez préserver la magie de ce moment)

Phu Quoc est une île au large du Cambodge (mais une île Viet quand même). On avait voulu réserver dans un resort qui avait l’air sympa, mais comme on s’y est pris trop tard, il était complet. Alors à la place, on a choisi le “Kim Hoa” (les vidéos sont en HD, changez la résolution en cliquant sur la molette après avoir lancé la lecture)

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Mais bon on est pas encore là.

Jour 1 : Départ de l’appart à 6h30 . Le réveil n’est pas trop dur, vu que j’ai râté mon vol de Quy Nhon à Saigon et que j’ai du faire le chemin en train. Je lève donc la maison en arrivant.e vol se pose sans problème, les filles sont fan de l’avion. On se pose, on récupère les bagages et va prendre un taxi. Tiens, le Kim Hoa a mis en place une navette gratuite ! Cool, les vacances commencent bien. On arrive à l’accueil les gens sont sympas, le cadre est joli et nous donne nos clés. On monte au 2nd étage et là, c’est le drame. Ça pue le renfermé, les couvertures sont crades (enfin pas autant que le sol quand même), et pas de Wifi comme annoncé (vu mon travail, c’est pas vraiment une option le wifi :s). Pour enlever l’odeur on ouvre la fenêtre avec vu imprenable sur un mur. On  va jusqu’au cagibi qui sert à la fois de salle d’eau et de chiotte. Les concepteurs devaient faire des caravanes avant. Ils ont réussi à faire rentrer un lavabo, une douche et une cuvette de toilettes dans 2m² ! Ils sont ingénieux hein !? Non. Ils se sont surtout pas trop cassé le cul. La douche est entre le lavabo et les chiottes, à 20 cm de chaque. Enfin je dis 20cm, mais c’est au pif, vu qu’il n’y a ni porte, ni paroi, ni rideau de douche. Tiens d’ailleurs on remarque qu’il n’y a pas non plus de robinet, ça pas être simple pour se doucher :s
Ah si à 2m du sol, il y a un robinet sur un flexible… pas fixé, donc évidement impossible de l’ouvrir ou le fermer avec une main pleine de savon. Ceux qui me diront “t’as qu’à poser le pommeau de douche par terre et  mettre les 2 mains” n’ont pas tout considéré. D’abord, le flexible de douche ne fait pas 2 mètres, il va donc se balancer et nettoyer les chiottes, lavabo, etc. Selon la loi de Murphy, il y a en plus 86% de risques que le pommeau finisse par nettoyer aussi l’intérieur de la cuvette des chiottes qui, je vous le rappelle, est à 20cm de votre pied. Finalement les vacances vont être pourries je pense. On descend faire un tour, voir le seul avantage du resort : la plage est à 10 mètres de la piscine qui est à 10 mètres de l’hôtel. Coralie pratique la sophrologie pour ne dire ce qu’elle pense du logement à l’accueil. Ça ne marche pas, elle va à l’accueil leur dire ce qu’elle pense de leur carton à chaussure appartement. Le gars lui dit que 9$ de plus on peut aller dans un bungalow à 10 mètres de la mer qu’il lui fait visiter. Elle l’accepte. En effet, pour 9$ de plus pour 4, on a une douche, un toilette à plus d’un mètre de la douche et, luxe absolue : un logement propre (d’où on déduit que la propreté est indexée sur le prix du logement). Enfin, on ne reste pas la dessus, on sort pour chercher un resto. Pas très loin, on en trouve un sympa. L’après-midi c’est plage et piscine, enfin surtout pour les filles, parce que moi j’ai du boulot en pagaille).
Sur un site, j’ai vu que le meilleur restaurant de l’île est de l’autre côté de la dite île. Je pousse Coralie à se dépêcher, j’aimerai aller voir une chute d’eau sur le chemin. Coralie ne se presse jamais pas trop. J’appelle la compagnie de taxi, mais ils ne parlent pas un mot d’anglais, et moi, à peu près autant de viet. Après que la fille m’a raccroché au nez, je demande à la reception d’appeler à ma place. On part à 17h, ça va être chaud, la nuit tombe entre 17h30 et 18h00. On arrive à la cascade vers 17h15, c’est jouable. Par contre il faut payer pour aller la voir et il faut marcher un peu. Un peu combien ? Aucune idée. Alors on commence à marcher. Mais c’est très rocailleux alors rapidement j’ai Solveig sur le dos. Sous la forêt c’est déjà la pénombre, ça sent pas bon. J’accélère avec Solveig pour voir si la cascade est loin. Manifestement, elle est loin, je m’imagine en train d’étrangler le trou du gars de l’accueil qui m’a vendu 4 tickets avec 2 enfants en bas âge si tard. La forêt est animée ce qui ne rassure qu’à moitié les filles donc on fait demi-tour avant d’être complètement dans le noir. On repart vers le resto. On y arrive enfin, en effet, c’est très local, il n’y a qu’un couple qui s’avère être français, sinon que des viets. C’est du super extra frais, il y a des bac à 50cm de la mer où on choisit ce qu’on mange. On laisse tomber les hippocampes qui finissent manifestement dans une sorte de nuoc mam. On mange de grosses crevettes inconnues chez nous, du riz aux miettes de crabe et autres fruits de mer. J’ai négocié avec le taxi pour qu’il me donne sa carte. Finalement il reste manger sur place (ouf).
La nuit se passe bien. On a réalisé que les fenêtre ne fermaient pas, mais qu’ils ont arrangés le problème en mettant des barreaux comme dans une prison. Mais ça n’empêche pas le son de passer, et juste à côté du bungalow, ils sont en travaux. Pas les petits travaux, il refont entièrement toute une aile, celle qui est collée à notre bungalow.2012-12-24 12.01.32

Jour 2 : On part au petit déj. Après un bon café robusta froid et les 2 nouilles qui se battaient en duel, on est bien rasaziés, on prend un taxi pour aller tout au sud de l’île, où on a rendez avec 2 couples d’amis pour une sortie en mer. On prend un taxi qui nous amène jusqu’au port au sud de l’île. Mais un port, c’est grand. On attend nos amis dans un coin. Les gens s’arrêtent pour regarder les filles, les toucher et même embrasser Sélène sur la bouche (pendant que je faisais faire pipi à Solveig -_-). Après quelques craintes et mésententes, on se retrouve avec nos amis au bateau. C’est super sympa, il est grand et y’a des tables, comme ça je vais pouvoir travailler…

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Après une heure de travail bateau, on arrive dans une crique. C’est sympa et inattendu. Ils ont un endroit avec du sable pour filles et les enfants et des cailloux pour les grands nenfants qui veulent jouer aux poissons. Je m’aperçois que je n’ai pas chargé la GoPro et que j’ai oublié le chargeur. Bon, on verra bien combien de temps elle tient. La visibilité n’est pas top, beaucoup de corail mort, mais comme je ne fais pas souvent de snorkelling, je suis heureux. Et puis c’est la première que je vois le plus gros coquillage du monde : le bénitier.

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A midi ils nous rappellent au bateau qui est resté environ à 200 mètres de la plage. On remorque les filles, ça sent bon à bord ! On passe à table, ils nous ont préparé des oursins !

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C’est très bon, après qu’on en a mangé 2 chacun ils nous informent que c’est en-sus, et que c’est 1$ l’oursin. Etant donné qu’il y a, à peu près, autant à manger que dans une moule, on la un peu en travers, surtout qu’avec Gilles, des oursins, on aurait pu en ramener une grosse vingtaine. On mange bien, et le bateau mets les voiles. Enfin il rallume le moteur. On va dans une autre crique. Je prend Sélène et je commence à l’amener à la plage. Ça devient très vite compliqué, le corail est à fleur d’eau, je n’ai pas de tuba donc du mal à respirer avec Solveig qui m’étrangle, mais je pense surtout à Coralie derrière avec Sélène, qui n’a pas de masque et découvrira certainement le corail avec les genoux :s  Je culpabilise une bonne dizaine de seconde avant de m’apercevoir qu’ici le corail est 100 fois plus beau que ce matin. Il est vivant, de toutes les couleurs, parsemé de poissons, de crabes et de coquillage. L’eau est limpide, on se croirait dans un film. Je pose Solveig sur la plage et repart avancer un peu Sélène. Je dis à Coralie qu’il faut absolument qu’elle voit ça, mais pour une raison qui m’échappe toujours, elle ne veut pas. Les 3 garçons (dont je fais partie) se régalent, c’est vraiment le paradis sous-marin (ce qui me fait regretter tout le temps un peu plus d’avoir cramé la GoPro ce matin). Le bateau nous rappelle, on fait comme les enfants qui ne veulent pas aller se coucher, mais on fini par céder. Le retour est aussi compliqué que l’aller, Solveig boit une tasse. On rentre au port, en passant devant de nombreux villages de pêcheurs.

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Arrivés au port, on s’aperçoit qu’il n’y a de taxi nulle part. Un viet complètement nous tient la jambe pendant qu’une gentille viet appelle la compagnie, car il nous faut 2 taxis et on a aucune idée d’où on est. L’histoire dure 1h, où on en profite pour manger des galettes avec bananes très sympas. On fait un autre petit resto le soir où je mange mon premier bánh xèo. J’imaginais que ça aurait la taille d’un bánh bao, voire d’un Bánh mì (pain de mie, un sandwich quoi), mais en fait, c’est plus proche de la galette bretonne. 

Jour 3 (24 décembre) : Le lendemain, après une bonne heure de travail avant que les filles ne se lèvent, on part prendre un bon petit déjeuner. On revient au Bungalow. Coralie se prépare, je bosse. Donc personne ne surveille les filles. Donc personne ne surveille Solveig, la terreur. A une moment j’entend un “c’est quoi ça?”. Je lève les yeux, elle a trouvé la poche que le père avait planqué loin sous le lit. Je me jette sur la poche Hello Kitty, prétextant que les gens d’avant avaient du l’oublier. NB : la prochaine fois que le Père Noël n’a pas d’endroit pour cacher ses cadeaux, il fera ça dans une poche moche. Direction un ferme perlière. Il y en a plein là bas. Il ouvrent une huitre devant nous, incisent et en sortent un perle. Puis on fait le tour du magasin. Après avoir rapidement passé les perles parfaitement ronde montées sur or, on va au rayon : perles tordues sur argent. Pour le coup, ça ne coûte rien. Le prix, c’est la monture. On essaie des bracelets, quand ils sont trop courts, ils rajoutent autant de perles qu’il faut, pour le même prix.
2012-12-25 10.41.37On rentre au bungalow. Coralie a envie de traîner à la piscine et à la plage, mais moi, appâté par ce que j’ai vu la veille, je n’ai qu’une envie c’est de repartir dans le monde de Némo. Je demande à l’accueil où est-ce qu’il y a des cailloux sur l’île. Pas facile, ici c’est plutôt cocotiers et sable blanc.

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Après discussion, il m’indique de passer la ferme perlière et que je finirai pas trouver une côte rocheuse. Je leur loue un scooter et je suis parti sur les pistes rouges qui sillonnent l’île. Je finis par trouver les rochers, mais ça ne semble pas facile de s’arrêter, alors je continue. J’essaie tous les petits chemins, qui pourraient aller vers la mer, sans succès. Je comprend pourquoi y’a du cailloux en montant la montagne. Comme on est sur une ile, je fini par arriver à l’autre bout. Là c’est cool : il y a des cailloux facile d’accès. Mais il y a un hic, c’est un village, des gens partout, et pas un café pour garer la mobylette. Trop peur de me la faire tirer, je fais demi-tour. Cette fois je me dis que tant qu’à ne pas me baigner autant aller faire une tour dans la jungle. Donc je m’enfonce dans la jungle. Tous les locaux qui me croisent pensent que je me suis perdu (tout ça parce que je suis avec un scooter de ville ne pleine jungle). Finalement je fais demi-tour. Je repasse devant les premiers cailloux que j’avais vu. Je tente le coup, je vais jusqu’au bord de la plage pour avoir un oeil sur la mobylette (comme si je pouvais courser quelqu’un avec des palmes) et je me jette à l’eau. Enfin je marche dans l’eau parce qu’on y voit rien, beaucoup de ressac. Je me dis que s’y je m’éloigne du bord, ça ira mieux, alors, comme un âne que je suis, je plonge… et j’arrête ma tête à 10 cm d’un rocher. La visibilité est vraiment nulle, je réalise que c’est peut être un poil dangereux tout seul ici, alors je range mes palmes et mon masque et je rentre au Bungalow. Le soir on retrouve nos amis pour le réveillon dans le premier resto où on avait mangé. Je retrouve la serveuse super sympa qui s’avère être une des seules à avoir un cerveau (non non, vous allez voir que je n’exagère pas) et une conscience professionnelle. La voici :

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Comme des enfants risque de regarder le blog, j’ai fait une photo du côté habillé de la robe. Faute de père-noël, les lutins sont mignonnes. En parlant de lutins, les enfants ont droit aussi au chapal.

On arrive à 19h, et à 19h05 on fait notre première erreur. Une erreur de débutant au Vietnam. Quand on commande au Vietnam, il faut faire une commande différente par étape du repas. Ce n’est pas important, c’est vital si vous ne voulez pas commencer votre repas avec un café et le finir avec des cacahuètes. On fait l’erreur, on commande d’un coup l’apéro ET le repas. Après 14 demandes pour avoir l’apéro avant la fin du premier plat, on laisse tomber (faut dire qu’on a pas le choix, ils nous servent la suite alors qu’on a pas fini l’entrée). En entrée on a été quelques uns à prendre du foie gras. Finalement ils nous amènent de la mousse de foie. Le repas est rigolo, on boit l’apéro sur le plat principal, bref on se croirait aux fêtes de Villenave. Sur la scène il y a un groupe de musique qui anime. Ça amuse les filles qui dansent. Et là, je ne sais pas ce qu’il leur passe par la tête, mais on a tellement rigolé (après avoir eu peur pour nos enfants) qu’on a fait des photos :

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Non la photo n’est pas ratée. C’est ce qui se passe quand on lance des cotillons et serpentins dans les fils électriques qui alimentent le quartier (je suis même prêt à parier que c’est l’île qui a été dans le noir avec leur connerie). On finit la fête avec le générateur et les électriciens qui enlèvent les bouts de cotillons dans les fils.

Jour 4 (Noël) : Le papa noël est passé dans la nuit (Vu la mère Noël pionçait). Les filles n’ont eu qu’un petit poney chacune parce que la hotte du père noël était pleine. Sélène est un peu déçu de ne pas avoir plus de cadeau, ce qui nous renforce dans notre conviction que les enfants ont trop de cadeaux à Noël et qu’ils sont mal habitués. On va à l’accueil, et on parle avec les énièmes touristes pas contents du resorts (à eux on leur a dit que la mobylette était louée à la journée, et à leur retour on leur a dit que c’était pas tranche de 8h en fait), avant d’aller manger un bout. Pour ce midi on a choisit un resto Indien. On commence l’apéro, les nans arrivent et je les découpe pour les filles. Alors que j’en découpe un, un énorme cafard sors de la corbeille. J’attrappe la corbeille et la pose par terre avec le nan, pour éviter que le cafard ne se balade sur la table. C’est là qu’on sent bien que Coralie a beaucoup évolué. En France, elle se serait évanouie et à son réveil elle aurait tué le restaurateur. Là, on l’a dit au restaurateur et on lui demandait une nouvelle nan, pas farcie au cafard. On va à l’aéroport, à 13 dans une navette 11 places.

Arrivés à l’appartement, le Père Noël avait finalement déposé 2 petits jouets de plus, les filles sont contentes. Pour résumé, Phu Quoc, c’est très joli, et cela permet de faire plaisir à ceux qui aiment le sable blanc et les cocotiers, et à ceux qui veulent faire du snorkelling, ce qui est rare. C’est sympa parce que c’est encore sauvage, mais l’évolution est exponentielle et on voit déjà des gîtes tous identiques pousser comme des champignons, dans 5 ans, ce sera Saint Tropez.

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6 réflexions au sujet de « Phu Quoc »

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